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Pouvoir au Bénin : ce que le professeur Simon-Narcisse Tomety ferait différemment

SI J’ÉTAIS PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE : MA DOCTRINE

chers compatriotes, sentinelles de la conscience nationale, je m’adresse à vous non comme un candidat en quête de suffrages, mais comme un éducateur à la citoyenneté. Cette simulation de doctrine est un acte d’éveil, un miroir tendu à notre destin commun. Mon rôle n’est pas de conquérir le pouvoir, mais d’aider à en définir la vertu. Je vous propose aujourd’hui de redéfinir la sacralité de la fonction politique au sommet de l’État, pour que plus aucun enfant du pays ne se sente étranger sur sa propre terre. Cette précision étant, un projet de société sans formulation de la doctrine de gouvernance est comme une litanie de promesses diffuse.

a) Le Baptême des valeurs : Le Sacre de l’éducation citoyenneNous ne bâtirons rien de durable sur le sable de l’oubli ou le cynisme de l’opportunisme. Ma doctrine prône un retour radical à notre ADN républicain de 1958, cette source primatiale où l’intérêt général primait sur les ambitions de clan. Trop longtemps, notre devise — Fraternité, Justice, Travail — a été reléguée au rang de simple décorum, désincarnée et vidée de sa substance. Sous mon autorité, elle redeviendra la boussole ardente de chaque action publique.Le Programme National d’Éducation à la Citoyenneté (PNEC)J’instaurerai un apprentissage obligatoire et continu, de l’école primaire aux plus hautes sphères de l’administration. Ce n’est pas une simple leçon d’instruction civique, mais un véritable parcours de forge de la conscience nationale. Chaque citoyen sera instruit de ses droits, certes, mais surtout de ses devoirs de probité, de sa responsabilité envers le bien commun et de l’amour inconditionnel de la Patrie. Il s’agit de fabriquer des citoyens “debout”, conscients que leur liberté s’arrête là où commence la fragilité de la Nation.L’Enracinement par le Verbe : La Révolution des langues maternellesUne Nation qui oublie sa langue perd son âme et sa capacité à nommer son propre destin. Pour que l’enracinement culturel ne soit plus un slogan mais une réalité vécue, ma doctrine impose la formalisation et l’enseignement de quatre de nos langues nationales dès le cours primaire. En apprenant à lire, à compter et à penser dans nos langues mères, nous réhabilitons l’intelligence de nos terroirs et nous brisons le complexe de l’aliénation. Cet apprentissage précoce permettra à chaque enfant du Bénin, de la côte aux savanes du Nord, de puiser dans son patrimoine ancestral la force de conquérir la modernité. C’est par la maîtrise de nos propres mots que nous forgerons une identité nationale inébranlable et unifiée, faisant de chaque contrée du pays un sanctuaire de notre dignité culturelle retrouvée.

L’Éthique comme Socle de la LoiL’éthique ne sera plus un supplément d’âme ; elle sera le socle de chaque loi. Avant toute promulgation, chaque texte sera soumis à une analyse d’impact morale : renforce-t-il la justice sociale ? Sert-il la fraternité ? Honore-t-il la valeur du travail ? Si la réponse est non, le texte sera rejeté sans appel. C’est le seul moyen pour que la souveraineté du Peuple ne soit pas capturée ni par le Sénat, ni par le Parlement, ni par le Président de la République lui-même.La Coproduction MobilisatriceMa doctrine marque la fin de la technocratie sourde qui décide du haut de ses tours d’ivoire. Je propose de substituer à l’arbitraire une coproduction mobilisatrice : un État qui écoute, qui associe les forces vives et qui mobilise l’intelligence collective autour d’un idéal partagé. En replaçant l’humain et la vertu au cœur du système, nous transformerons l’administration froide en un levier d’espérance et de dignité retrouvée.

b) La Souveraineté :

Domestiquer l’avenir par la technologieFace au désordre du monde et à la volatilité des marchés mondiaux, ma doctrine impose une souveraineté sans complexe. L’indépendance n’est pas un slogan de parade ; c’est la domestication planifiée de nos chaînes de valeur. Nous ne pouvons plus déléguer notre survie au génie des autres. Qu’il s’agisse d’alimentation, d’énergie ou de santé, nous devons briser les chaînes de la dépendance par un investissement massif dans la Science et l’Innovation.La Révolution des Machines-OutilsNotre priorité absolue sera la maîtrise de l’outil de production. Nous ne nous contenterons plus d’importer des technologies clés en main ; nous investirons dans la conception et la fabrication locale de machines-outils. C’est le cœur du réacteur industriel : posséder la machine qui fabrique la machine, c’est posséder les clés de son propre destin. Chaque ressource du sol béninois doit rencontrer une intelligence béninoise pour être transformée sur place.

c) Le Chantier de la Renaissance : L’Excellence Technique et ProfessionnelleJe ne serai pas le président d’un palais doré, mais celui des bassins de production et des chantiers de demain. Ma priorité absolue est la sécurité humaine par le savoir-faire. Nous lancerons un plan massif de formation : du génie civil à la mécatronique, nous formerons des bâtisseurs capables de concevoir et maintenir nos propres outils. L’excellence technique ne sera plus une option, mais le standard de notre survie économique.Un Financement Souverain et AudacieuxPour porter cette ambition, je créerai un Fonds National d’Investissement pour l’Innovation Technique. Ce fonds financera l’équipement des ateliers, les brevets locaux et l’installation des jeunes ingénieurs. Nous passerons du crédit de consommation au crédit de production. Aucun talent béninois ne doit plus être ignoré ou sacrifié sur l’autel de l’informel précaire.

d) La Palabre : La Dignité du Contradictoire et le Sacre de la ParoleUn État qui craint la critique est un État qui vacille. Ma doctrine réhabilite la Palabre, non comme un vestige du passé, mais comme un espace moderne de vérité. Dans ce cercle, la contradiction n’est plus perçue comme une menace, mais comme une exigence de droiture. Je restaurerai la dignité du débat public en garantissant que chaque voix, de l’intellectuel au paysan, puisse s’exprimer sans crainte. La parole donnée redeviendra sacrée.

e) Le Serment : L’honneur des sentinelles et le sacre de l’exemplaritéÀ vous, Forces de Défense et de Sécurité (FDS), sentinelles de notre intégrité ; à vous, Magistrats et Fonctionnaires, garants de l’impartialité de l’État ; à vous, Ingénieurs, Paysans, Artisans et Maîtres du Savoir, architectes de notre autonomie ; et à vous, Jeunesse souveraine et femmes battantes, souffles vitaux de notre futur : vous êtes les remparts infranchissables de la Cité ! Votre uniforme et vos outils sont sacrés. Sous mon mandat, le serviteur de l’État sera le premier à rendre des comptes. Redressons-nous : « Le marigot ne peut être pur si la source est troublée. »

f) L’Heure du BéninMes chers compatriotes, ce texte n’est pas une simple lecture, c’est un commencement. Si vous refusez de voir notre destin s’étioler, devenez l’artisan de cette transformation. Partagez ce manifeste, portez-le dans vos cœurs. Ne laissons plus jamais la source se troubler. Réapproprions-nous notre fierté : l’heure du Bénin a sonné ! Cette doctrine est notre bien commun si telle est notre volonté et notre engagement.

Cotonou, le 26 mars 2026

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